Merci à ptefleurs18 pour la jolie présentation qu'elle a réalisée à partir d'une photo de Valun prise en Croatie
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Merci à ptefleurs18 pour la jolie présentation qu'elle a réalisée à partir d'une photo de Valun prise en Croatie
LA MUSE
Poète, prends ton luth et me donne un baiser;
La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore.
Le printemps naît ce soir; les vents vont s'embraser,
- Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth et me donne un baiser.LE POETE
Comme il fait noir dans la vallée !
J'ai cru qu'une forme voilée
Flottait là-bas sur la forêt.
Elle sortait de la prairie ;
Son pied rasait l'herbe fleurie -
C'est une étrange rêverie ;
Elle s'efface et disparaît.![]()
LE MURMURE DU VENT
Si vous tendez l'oreille et savez écouter...
Vous entendrez le vent...ce qu'il veut raconter...
En passant dans les arbres...caressant leurs feuillages...
De son doux bruissement, il parle de voyages...
Il raconte comment, dans bien d'autres pays,
Lorsqu'il y a du chagrin, les larmes coulent aussi..
Il raconte comment, se croisent les regards..
Et les amants qui s'aiment dans la douceur du soir...
Il raconte les peines et les chagrins d'amour...
Car souvent lorsqu'on aime...ce n'est pas pour toujours...
Mais il raconte aussi les amours éternels...
Qui de toute une vie se sont restés fidèles...
Ce soir je vais m'asseoir sous le ciel étoilé...
Attendre sagement qu'il vienne me parler...
Et on ne sait jamais...Peut-être par hasard...
Ce qu'il murmurera...ce sera votre histoire....
Auteur inconnu
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.
Joachim du Bellay est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou, et mort le 1er janvier 1560 à Paris.
Dans l’azur de l’avril, dans le gris de l’automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne,
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s’incline, amoureux des roses du Levant.
Le tremble porte au front une pâle couronne.Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,
S’effile le bouleau dont l’ivoire changeant
Projette des pâleurs aux ombres incertaines.Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.
Renée Vivien
Recueil : "Cendres et Poussières"
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