poésie

Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 00:00

Alphonse Daudet - Aux petits enfants

 

                                                                           Aux petits enfants.

 

Enfants d’un jour, ô nouveau-nés,
 Petites bouches, petits nez,
 Petites lèvres demi-closes,
 Membres tremblants,
 Si frais, si blancs,
 Si roses !
 
Enfants d’un jour, ô nouveaux-nés,
 Pour le bonheur que vous donnez,
 À vous voir dormir dans vos langes,
 Espoir des nids
 Soyez bénis,
 Chers anges !
 
Pour vos grands yeux effarouchés
 Que sous vos draps blancs vous cachez.
 Pour vos sourires, vos pleurs même,
 Tout ce qu’en vous,
 Êtres si doux,
 On aime ;
 
Pour tout ce que vous gazouillez,
 Soyez bénis, baisés, choyés,
 Gais rossignols, blanches fauvettes ;
 Que d’amoureux
 Et que d’heureux
 Vous faites !
 
Lorsque sur vos chauds oreillers,
 En souriant vous sommeillez,
 Près de vous, tout bas, ô merveille !
 Une voix dit :
 « Dors, beau petit ;
 Je veille. »
 
C’est la voix de l’ange gardien ;
 Dormez, dormez, ne craignez rien,
 Rêvez, sous ses ailes de neige :
 Le beau jaloux
 Vous berce et vous
 Protège.
 
Enfants d’un jour, ô nouveau-nés,
 Au paradis, d’où vous venez,
 Un léger fil d’or vous rattache.
 À ce fil d’or
 Tient l’âme encor
 Sans tache.
 
Vous êtes à toute maison
 Ce que la fleur est au gazon,
 Ce qu’au ciel est l’étoile blanche,
 Ce qu’un peu d’eau
 Est au roseau
 Qui penche.
 
Mais vous avez de plus encor
 Ce que n’a pas l’étoile d’or,
 Ce qui manque aux fleurs les plus belles :
 Malheur à nous !
 Vous avez tous
 Des ailes.

1312537-Alphonse Daudet en 1885

    Alphonse Daudet, né à Nîmes le 13 mai 1840 et mort à Paris le 16 décembre 1897, est un écrivain et auteur dramatique français. Il est inhumé au Cimetière du Père-Lachaise. .

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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 00:00

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La Bulle


Bathylle, dans la cour où glousse la volaille,
 Sur l’écuelle penché, souffle dans une paille ;
 L’eau savonneuse mousse et bouillonne à grand bruit,
 Et déborde. L’enfant qui s’épuise sans fruit
 Sent venir à sa bouche une âcreté saline.
 Plus heureuse, une bulle à la fin se dessine,
 Et, conduite avec art, s’allonge, se distend
 Et s’arrondit enfin en un globe éclatant.
 L’enfant souffle toujours ; elle s’accroît encore :
 Elle a les cent couleurs du prisme et de l’aurore,
 Et reflète aux parois de son mince cristal
 Les arbres, la maison, la route et le cheval.
 Prête à se détacher, merveilleuse, elle brille !
 L’enfant retient son souffle, et voici qu’elle oscille,
 Et monte doucement, vert pâle et rose clair,
 Comme un frêle prodige étincelant dans l’air !
 Elle monte… Et soudain, l’âme encore éblouie,
 Bathylle cherche en vain sa gloire évanouie…

Albert SAMAIN

albert samain

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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 00:00

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    Une belle journée

Une belle journée,
 qui se montre en février,
 celle de la Saint-Valentin,
 où on tient l'amour par la main...

Une si belle journée,
 où l'on est près de notre bien-aimée,
 notre âme-soeur
 qui a notre coeur ...

Un amour qui grandi,
 et qui nous ébloui,
 de par la beauté,
 dont nous sommes émerveillés ...

Une femme qui a notre amour,
 et a qui on pense toujours,
 une femme que l'on aime,
 et qui est si belle ..

Elle est un roman,
et nous sommes son prince charmant,
une femme qui a notre coeur,
et à qui on offrirait toutes les fleurs......

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Poème d'un inconnu pris sur le Web

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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 00:00

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Le givre
 
Mon Dieu ! comme ils sont beaux
 
Les tremblants animaux
 
Que le givre a fait naître
 
La nuit sur ma fenêtre
 
 
 
Ils broutent des fougères
 
Dans un bois plein d’étoiles,
 
Et l’on voit la lumière
 
A travers leurs corps pâles.
 
 
 
Il y a un chevreuil
 
Qui me connaît déjà ;
 
Il soulève pour moi
 
Son front d’entre les feuilles.
 
 
 
Et quand il me regarde,
 
Ses grands yeux si doux
 
Que je sens mon cœur battre
 
Et trembler mes genoux.
 
 
 
Laissez moi, ô décembre !
 
Ce chevreuil merveilleux.
 
Je resterai sans feu
 
Dans ma petite chambre.
 
 
 
                       Maurice Carême

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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 00:00

PIERRE-AUGUSTE-RENOIR-YOUNG-GIRL-IN-THE-GARDEN-AT-MEZY

A une jeune fille.

Recueil : Odes et ballades.

 Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle,
 Enfant ! n'enviez point notre âge de douleurs,
 Où le coeur tour à tour est esclave et rebelle,
 Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

 Votre âge insouciant est si doux qu'on l'oublie !
 Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs,
 Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie,
 Comme un alcyon sur les mers.

 Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées !
 Jouissez du matin, jouissez du printemps ;
 Vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées ;
 Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

 Laissez venir les ans ! Le destin vous dévoue,
 Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié,
 A ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue,
 A ces plaisirs qui font pitié.

 Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance
 Riez ! n'attristez pas votre front gracieux,
 Votre oeil d'azur, miroir de paix et d'innocence,
 Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !


Victor Hugo
 (1802-1885)

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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 00:00
Copie-de-NACREPROFIL
Le papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!
lamartine default
Alphonse de Lamartine (1790-1869)
Homme de lettres. - Orateur. - Homme d'État. - Membre de l'Académie française (élu en 1829)
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